L'ÂGE D'OR DES MARCHANDS DE VIN (1850 - 1950)

François de BÉRU/Bulletin n° 43



À la fin de l’Ancien Régime, Vaugirard avait déjà mauvaise réputation à cause de ses guinguettes et tavernes, qui attiraient le petit peuple de Paris les dimanches et jours de fêtes. D’abord nombreux à proximité des barrières d’octroi, les débits de boissons se multiplient sur les grands axes dans les années 1840 et leur dispersion sur tout l’arrondissement sera réalisée dans les années 1930. 
Alors qu’à la suite du rattachement à la capitale et de la guerre de 1870, la plupart des guinguettes et des salles de bal se sont éloignées vers les banlieues plus aérées, seuls subsistent les marchands de vin, destinés à une clientèle prolétaire, alors très nombreuse en raison de  l’industrialisation de l’arrondissement. Ils constituent un espace de vie sociale et un foyer de substitution pour l’ouvrier : on y boit, on y joue, on y sert des repas à bon marché ; certains favorisent la propagation des idées politiques ; d’autres accueillent des bureaux de placement ou le siège des premières associations. 
Le nombre de marchands de vin atteint son apogée vers 1930 et doit son déclin à l’amélioration de la condition ouvrière et à une meilleure hygiène de vie Quant aux décors typiques des cafés parisiens, ils seront, pour la plupart, emportés par la vague de modernisation des années 1960. 

La Maison Poiret, café restaurant, 280 rue de Vaugirard, à l’angle de la rue Gerbert, vers 1895, avant l’élargissement de la rue de Vaugirard (fonds Chérioux)