Une mystérieuse affaire sous la Terreur :
Vaugirard, base arrière de la CONSPIRATION DE L’ŒILLET ? 


François de Béru/Bulletin n° 35 




 


 

 

 

 

 

 

 

 

Œillets, d’après P.-J. Redouté,

aquarelliste botanique (1759-1840)

Incarcérée à la Conciergerie en vue de son procès par le Tribunal révolutionnaire, la reine Marie-Antoinette y restera deux mois et demi, jusqu’à son exécution, le 16 octobre 1793. La conspiration de l’œillet fut vraisemblablement la dernière tentative pour la faire évader et une ultime lueur d’espoir de délivrance. L’instigateur du complot, qui présenta à la reine un œillet dissimulant un message secret,  était le chevalier de Rougeville, qui servit de modèle à Alexandre Dumas pour son Chevalier de Maison-Rouge. Les circonstances exactes de son échec demeurent un mystère. Mais que savons-nous du personnage réel et de sa vie mouvementée ? Le procès de Marie-Antoinette et les interrogatoires des prévenus nous aident à mieux connaître les acteurs de la conspiration. Parmi eux se trouvait une très jeune femme, Sophie Dutilleul, qui habitait le village de Vaugirard et acceueillit le chevalier à l’époque du complot. Sa maison de campagne était située presqu’en face de l’ancienne église et possédait un jardin. Les quelques indices que nous possédons nous permettent-ils de la localiser ? Cette question n’est pas sans intérêt si l’on songe que « l’œillet tragique, qui faillit sauver de la dernière infortune la plus infortunée des créatures (…) s’épanouit probablement dans le terroir de Vaugirard » (Lucien Lambeau).

Rougeville, portrait anonyme
(in Lenotre G. Le vrai chevalier de Maison-Rouge, éd. Fayard, 1951) 

Marie-Antoinette
(Alexandre Kucharski, portrait inachevé, commencé en 1791) -
 Musée de Versailles