L'HISTOIRE MOUVEMENTÉE ET FINISSANTE DE LA PROTECTION SOCIALE DES TRAVAILLEURS DES MINES

(Dimitri VICHENEY/bulletin n° 41)

 



Depuis plus de six siècles, les pouvoirs publics français ont pris sous leur contrôle l'exploitation des mines, qui ira même jusqu'à leur gestion directe pour les mines de charbon, nationalisées en 1946. Les motifs de cette politique tenaient au fait que les gisements du sous-sol constituaient des richesses d'intérêt public pour le pays. Corrélativement, nos dirigeants ont accordé toute leur attention au sort des travailleurs des mines, surtout depuis un édit d'Henri IV (de 1604), qui imposait aux exploitants d'assurer des soins gratuits aux blessés de la mine. 
L'évolution des esprits a ensuite abouti, non sans mouvements revendicatifs assez durs, à la création, en 1914, d'une Caisse autonome de retraite des ouvriers mineurs (CAROM), qui s'installa en 1922 au 77 avenue de Ségur, dans le XVèmearrondissement de Paris. En 1947, elle se transforma en Caisse autonome nationale de la Sécurité sociale dans les mines (CANSSM), qui prit la direction de l'ensemble des organismes gérant le régime spécial de la Sécurité sociale des mineurs et des pensionnés mineurs. 
Mais la récession et la fermeture de la quasi-totalité des mines en France, achevée vers le début du XIXe siècle, ont provoqué le démantèlement progressif du régime minier, avec le souci d'assurer aux pensionnés (encore 300.000 en 2013), le maintien des droits acquis en matière de retraites et de gratuité des soins médicaux. 

Immeuble de la CANSSM, état actuel 

(cliché F. de Béru). 

Toile marouflée exécutée en 1949 par le mineur Terles et apposée dans la salle du Conseil d'administration de la CANSSM