COCHON ET LES VAUTOURS

(Hugues DEWYNTER/Bulletin n° 37)


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah ! que la "Belle époque" n'était pas... belle pour tout le monde !
C'était, en ces temps là, pour les pauvres gens, un temps de misère, où le logement précaire était la règle. Surtout dans la région parisienne, les taudis, les masures, les galetas, les bouges étaient les logements habituels de la majorité du monde ouvrier. Le redouté Monsieur Vautour (le "Proprio") était le maître incontesté de ces logis sordides, Monsieur Pipelet (le cruel Monsieur Pipelet créé par Eugène Sue dans Les Mystères de Paris), son âme damnée, faisait appliquer la Loi, sa Loi et le pauvre locataire, qui lui n'avait aucun droit, n'avait qu'à payer lorsqu'arrivait le terme tant redouté... ou bien à "s'esbigner" à la cloche de bois (la cloche qui ne tinte pas), ou encore à déménager à la ficelle, c'est à dire par la fenêtre à l'aide de cordes, hors de la vue du vilain Pipelet qui surveillait les escaliers.
De 1911 à 1914, un certain Georges Cochon devint le héros de ce petit peuple des locataires parisiens et banlieusards, exploité et sacrifié. Très vite, Cochon comprend que les médias l'aideraient. Il se sert avec maestria des journaux, des actualités cinématographiques (naissantes), et des rassemblements populaires pour faire passer ses mots d'ordre : "Logez les plus faibles" - "tous les locataires doivent s'unir pour lutter contre les privilèges des propriétaires"...
Grace à  son action énergique et à ses "tours de Cochon", le monde politique et l'opinion publique sont bouleversés et le droit au logement, en ce début du XXe siècle, fait un grand pas en avant.