LE PARCOURS DE LÉGENDE DE JEAN-LOUIS FAVARON

CO-FONDATEUR ET DIRIGEANT DES CHARPENTIERS DE PARIS

(Michel DEBONNE/ Bulletins n° 8 - 9)

Né en 1856 à Valentine, village de Haute-Garonne, Jean-Louis Favaron était promis à prendre la suite de son père, artisan charpentier près de Saint-Gaudens. Mais l'ambition, la volonté, et l'intelligence du jeune homme l'entraînèrent d'abord à faire son Tour de France, à l'issue duquel, ayant brillamment franchi les diverses étapes conclues par un "chef-d''uvre", il fut intronisé Compagnon charpentier du Devoir, sous le nom de FAVARON-Saint Gaudens, dit "la Clef des c'urs".
Imprégné d'un esprit coopératif et d'un fort sentiment de la solidarité ouvrière, il tourne le dos au petit atelier paternel et se fait embaucher par une entreprise de La Villette, près de Paris. En même temps qu'il enrichit son expérience professionnelle, il se forme à l'animation et la gestion d'une équipe. Quelques années plus tard, il part, entraînant 25 compagnons avec qui il va fonder en 1893,la société coopérative dénommée "Les "Charpentiers de Paris", installée rue Labrouste, à Paris-Vaugirard.
Aux travaux pour les particuliers, la confiance des architectes permet à la coopérative d'ajouter des commandes des services publics. Elle participe bientôt à tous les grands travaux qui marquent autant d'événements: l'Exposition universelle de 1900, la construction de plusieurs lycées parisiens (Janson de Sailly, Louis le Grand), le Muséum d'histoire naturelle, les Grands moulins de Paris' Durant la Grande Guerre, Favaron et ses compagnons contribuent à la défense nationale par l'installation de protections des monuments, l'invention et la fabrication de baraquements faciles à monter mais aussi à déplacer, qui servent d'entrepôts, de bureaux ou d'hôpitaux de campagne.
Les travaux d'après-guerre ( reconstruction, réfection de monuments ) sont suivis de constructions d'ouvrages d'art qui sont autant d'occasion d'éloges à l'égard de l'animateur de la coopérative, Jean-Louis Favaron, que ses ouvriers-sociétaires élisent à leur tête à chaque assemblée générale, et que la République honore en lui décernant le grade de Commandeur dans l'ordre de la Légion d'Honneur. 
Quand il mourra à 75 ans, le 9 juin 1931, des représentants de l'Etat, les "Mères" et les dignitaires des Compagnons du Devoir, les responsables coopératives, et les membres de la profession participeront au deuil des Compagnons de la rue Labrouste.

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