LES BOMBARDEMENTS DE PARIS EN 1918 - LA "GROSSE BERTHA"

(Hugues DEWYNTER / Bulletin n° 51)

 

Au début de l’année 1918, l’état-major allemand avait décidé de frapper vite et fort la France et ses alliés, car le temps travaillait contre lui. Parallèlement à leurs quatre grandes offensives, les Allemands vont donc s’efforcer de bombarder Paris et quelques grandes villes par de nouveaux avions plus puissants et à l’aide de canons à très longue portée. Dès 1916, les ingénieurs de Krupp avaient inventé un canon capable d'atteindre une cible à 120 km de distance. Combinés à une offensive, ces coups devaient démontrer la puissance du Reich et surtout démoraliser les civils à l'arrière et, plus particulièrement, à Paris. La mise au point du canon, par la direction de l'artillerie navale (c’est la marine allemande qui s'occupait des canons de gros calibres utilisés sur le front) et les ingénieurs de Krupp se fit dans un secret absolu. La force aérienne n’était pas en reste : les Gothas, les Tauben (pluriel de Taube), les Aviatiks, les Zeppelins modernisés revenaient la nuit, car pour éviter tout repérage, les canons ne tiraient que de jour.

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À gauche, extrait de la liste des points de chute des bombes, torpilles et obus lancés sur Paris et sa banlieue par les aéroplanes allemands, les zeppelins et les canons à longue portée 
(liste établie conformément aux indications officielles de la Préfecture de Police). À droite, un Pariser Kanone et ses servants, des artilleurs du Marine Sonderkommando 5004
(in Feu sur Paris ! L’histoire vraie de la Grosse Bertha de Christophe Dutrône)