Histoire de la Biothérapie
Une étonnante réussite de l'émigration russe
dans le XVème arrondissement

 

(Dimitri Vicheney/Bulletin n° 37)


En 1920, le juriste et économiste russe Abram Alpérine arrive à Paris dans le flot des milliers d’émigrés ayant quitté la Russie après la révolution de 1917. Avec l’aide financière et technique de quelques compatriotes décidés à survivre à leur déracinement, il crée un laboratoire pharmaceutique spécialisé dans les soins et l’hygiène bucco-dentaires, et dénommé la « Biothérapie ». Avec la ferme volonté d’innover dans ce domaine, on y invente des pâtes dentifrice anti-bactériennes, préventives et curatives, dont la plus célèbre sera le Sanogyl.
D’abord installé au 3 rue Maublanc, ce laboratoire s’installe ensuite dans un immeuble de sept étages, 5 rue Paul Barruel, avec du personnel - près d’une centaine d’employés - composé presque exclusivement d’exilés russes vivant dans le XVème arrondissement de Paris, devenu à cette époque une sorte de "Petite Russie". 
Cette belle entreprise a survécu à la guerre, ainsi qu’à la retraite et au décès d’Alpérine en 1968, mais a du cesser son activité en 1984, faute de dirigeants à la hauteur.
L'exploitation du Sanogyl a été reprise par un groupe pharmaceutique, tandis que l’immeuble du 5 rue Paul Barruel (auquel a été rajouté un autre de trois étages en facade sur rue) a été cédé à l’I.P.E.C.A. (Institut de Prévoyance des Entreprises du Personnel Aéronautique).

La mise en tubes du Sanogyl