UN BARDE BRETON À VAUGIRARD NOMMÉ CHARLES DE GAULLE 
(31 JUILLET 1837-1er JANVIER 1880)

(Michel DEBONNE/bulletin n° 22) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

nfirme depuis son adolescence et cloué à vie sur un fauteuil, Charles de Gaulle, l'aîné d'une famille très tôt fixée à Paris, surmonte ce handicap grâce à une passion ardente pour la Bretagne et le monde celte. Reclus dans sa chambre de la rue de Vaugirard, il étudie les traditions celtiques, apprend le breton dont il se sert comme de sa langue maternelle. Il écrit plusieurs poésies en breton qu'il signe du pseudonyme Charlez a Vro C'hall. 
S'étant autoproclamé "barde breton", devenu secrétaire du "Breuriez Breiz", société de poètes bretons, il publie en 1864 dans la Revue de Bretagne et de Vendée un Appel aux Représentants de la race celtique dans lequel il prône la résurrection des langues celtiques comme langues littéraires; il préconise l'échange de publications et de travaux intellec-tuels entre représentants des quatre rameaux de cette race repliés à l'extrême pointe de l'Europe occidentale (Irlande, pays de Galles, Cornouailles, hautes terres d'Ecosse, Armorique), et la tenue de "réunions fraternelles" ( congrès ou festivals) dans chacun de ces pays à tour de rôle. Il rêve enfin à la création d'une ?Union celtique? et va jusqu'à envisager le regroupement des Celtes dans une colonie de peuplement... en Patagonie! 
Malgré les souffrances dues à sa maladie qui se développe, il rédige une Pétition au corps législatif en faveur des langues provinciales, mais elle n'aura pas de lendemain, balayée par la guerre de 1870 et la défaite, le siège de Paris et la famine, la Commune et les exactions, événements qu'il ressent avec un profond chagrin. 
Etonnante et attachante destinée de ce jeune Parisien de 27 ans qui, depuis sa chambre de la rue de Vaugirard, vit cette Bretagne qu'il aime tant mais où son infirmité et la gêne dans laquelle se débat sa famille ne lui permettront jamais d'aller. 
Ce brillant précurseur du panceltisme serait resté longtemps méconnu si son neveu, général et président de la République, portant les mêmes nom et prénom que lui, ne l'avait cité dans un discours de portée nationale, prononçé à Quimper en 1969.

Charlez a VroC'hall

(Archives d'Ille et Vilaine)