Paris15 histoire
Société historique et archéologique du 15ème arrondissement de Paris

La Ruche fut créée en 1902, au 2, passage de Dantzig, sur un terrain acquis par le sculpteur Alfred Boucher et fut construite à partir des matériaux et éléments récupérés du Pavillon des Vins de Bordeaux, conçu par Eiffel pour l'exposition universelle de 1900. La grille d'entrée provient du Pavillon de la Femme et les deux cariatides de celui de l'Indonésie.
Cette cité avait pour but d'aider les artistes (sans argent ni relations) en début de carrière, tout en leur permettant une expérience de vie communautaire. Son appellation même, marque la volonté de rattacher ce pavillon à la symbolique de la ruche, très présente au XIXe siècle, exaltant la cohésion sociale et le travail.
Quatre-vingt-dix artistes y résidaient dès les premières années. Parmi eux : Fernand Léger, Brancusi Modigliani.
Parallèlement Boucher crée un théâtre de trois cents places dans le jardin, où débute Louis Jouvet et où se retrouvent Marguerite Moreno, Jacques Hébertot et Jacques Copeau.
A la veille de la Grande Guerre, la Ruche compte jusqu'à cent dix ateliers et voit l'arrivée d'artistes de l'Europe de l'Est, tels Archipenko, Kikoïne, Soutine, Chagall, Zadkine... La guerre, avec le départ des artistes étrangers et l'envoi des artistes français au front, l'arrivée de réfugiés des départements sinistrés transformèrent la Ruche en cité sociale abritant des familles nombreuses. Des enfants naissent à la Ruche : Jacques Yankel, fils de Kikoine, né en 1920, s'y installera en 1952. Dans les années 30, les artistes les plus notoires partent à Montparnasse. Boucher meurt en 1934.
Après la seconde guerre mondiale, la Ruche était en ruine, mais de nouveaux artistes arrivent : Paul Rebeyrolle, Simone Dat, et autour d'eux se crée en 1954 le Salon de la Jeune Peinture.
Depuis son sauvetage in extremis de la destruction en 1971, grâce à la mobilisation d'un comité de sauvetage présidé par Chagall, soutenu par André Malraux, Bernard Anthonioz et avec l'aide financière de la Fondation Seydoux, la Ruche garde son caractère international et intergénérationnel.
Depuis 2009, ce sont les fondations Seydoux et Total et la Fondation du Patrimoine, qui gèrent et entretiennent les bâtiments et les ateliers.
En 2019, une cinquantaine d'artistes y travaillent (mais n'y vivent pas tous) et présentent régulièrement leurs œuvres lors d'expositions individuelles ou collectives, ouvertes au public dans une dépendance de la Ruche située passage de Dantzig, à quelques mètres de l'entrée principale (bâtiment Fernand Léger).