Paris15 histoire
Société historique et archéologique du 15ème arrondissement de Paris

Une cité issue de la volonté d'un mécène d'accueillir et de favoriser les artistes
En 1861, quelques décennies avant l'initiative d'Alfred Boucher (La Ruche), Jules Ernest Bouillot, praticien du sculpteur Falguière, souhaite construire des ateliers pour les louer, à prix modique, à des artistes peu fortunés. Il acquiert auprès de la veuve Frémin, une partie d'un terrain en impasse, ruine d'une ancienne briqueterie, entre les n° 72 et 74 du chemin des Fourneaux, devenu en 1901 rue Falguière. Les acquéreurs du reste du terrain se lancent, eux aussi, dans la même aventure.
Cette impasse, d'abord dénommée cité Frémin, puis cité des Fourneaux, prendra son nom actuel de cité Falguière en 1903. Une trentaine d'ateliers seront construits. Les premières locations de J.-E. Bouillot débutent seulement en 1875, faute de moyens et du fait de la guerre franco- prussienne.
Aujourd'hui, seuls les n° 9 et 11 ont gardé leur caractère original d'ateliers, les autres ayant laissé place à des opérations immobilières dans les années 60. Toutefois, l'entrée du n° 11 donne toujours accès à une cour fleurie où d'autres ateliers sont mitoyens de l'Institut Pasteur (inauguré en 1888).
Un lieu de séjour et de rencontre des artistes de la « bohème de Montparnasse »
De nombreux artistes y ont vécu (et de plus nombreux encore se sont croisés dans ces lieux de rencontre, à mi-chemin entre La Ruche et Montparnasse).
Paul Gauguin, élève de Bouillot, loua, de 1876 à 1880, un appartement au 76 rue des Fourneaux (rue Falguière), à l'angle de la cité du même nom.
Modigliani, après un premier séjour à la cité en 1909, fréquente la Ruche et revient à la cité en 1913. Il partage l'atelier de Soutine, avant que Brancusi ne lui en trouve un autre.
La cité devient un lieu de rencontres fortuites ou organisées ; de solides amitiés s'y nouent : Lipchitz, Modigliani, Soutine, Miestchaninoff, Brancusi, Archipenko, Yvonne Mortier, Souza-Cardoso.
Lors de son premier séjour à Paris, en 1915, Foujita y loue un atelier, à côté de Modigliani et de Soutine, auxquels il apporte son soutien.
D'autres artistes, célèbres hier, moins connus aujourd'hui, y ont séjourné : Péterelle, Charchoune, Motti, Sato, Hirtz, Hecht, Martine Boileau, Suzanne Runacher...
Après la 2ème guerre mondiale, le mime Marcel Marceau y inventa le personnage de Bip. En 1947, Marcel Delahaye, "le dernier des grands fauves", installé au n° 11, reçoit les visites de son ami Georges Brassens.