Paris15 histoire
Société historique et archéologique du 15ème arrondissement de Paris

Des architectes en vue des années trente rejetteront l'orthogonalité de la modernité et la radicalité fonctionnaliste du béton, sans revenir pour autant à la pierre de taille. Leurs recherches formelies porteront par exemple, comme ici, sur le mouvement des façades ou sur l'usage de nouveaux matériaux de revêtement.
Cité Garnier
131, rue de Vaugirard - 1936
Léon-Joseph Madeline, arch.
Léon-Joseph Madeline (1891-1977) a été charge par les frères Garnier, éditeurs, de concevoir dans cet ilot d'ateliers d'artistes, une cité-jardin de bâtiments de standing se succédant à intervalles réguliers jusqu'en fond de parcelle, au rythme de plusieurs passages en forme d'arc en plein cintre. Avec l'irruption de la guerre, seule la première tranche de cette "Cité Garnier" verra le jour.
L'angle obtus des rues Falguière et de Vaugirard est traité par une cour ouverte encadrée par deux rotondes qui donnent une impression de symétrie et pourraient rappeler une écriture post-haussmannienne, si ce n'est les fenêtres à guillotine et l'absence de modénatures. La façade est recouverte d'un revêtement autonettoyant de couleur beige fait de carreaux cassés de grès cérame, compromis visuel entre la pierre de taille et le béton du style moderne. Une autre originalité de l'immeuble, qui complexifie le plan de certains appartements, est que les huit étages de pièces communes sur la cour se combinent avec seulement cinq étages de pièces de réception sur rue, la hauteur de ces dernières évoquant des ateliers d'artistes et contribuant au standing de l'ensemble.
Ensemble rond-point du Pont Mirabeau
7, rond-point du Pont Mirabeau - 1936
Bassompierre, de Rutté et Sirvin, arch.
L'importante agence de Joseph Bassompierre (1871-1950), Paul de Rutté (1871-1943) et Paul Sirvin (1891-1977), a été chargée de concevoir sur cette vaste parcelle au débouché du Pont Mirabeau, un grand ensemble de 160 appartements disposés autour d'un jardin intérieur. Les façades sont couvertes d'un revêtement de carreaux cassés d'un ton beige, comme à la Cité Garnier, que complète une mignonette de gravier gris pour les deux derniers étages de la façade sur le rond-point. La double courbure de celle-ci, en forme de carénage, est emblématique, même si elle répond sans doute davantage à des considérations esthétiques que fonctionnelles.
Les ferronneries omniprésentes et particulièrement soignées sont signées de Raymond Subes : balcon filant en fer forgé ouvragé, garde-corps en tubes métalliques lisses de l'étage supérieur, lampadaires de l'espace central, grille ouvragée de la fausse entrée sur le rond-point, etc.