Paris15 histoire
Société historique et archéologique du 15ème arrondissement de Paris

Ni l'Art nouveau du début du siècle, ni l'Art déco des années vingt, ne remettaient en cause la structure haussmannienne des immeubles d’habitation. La lame de fond moderniste imposera des nouvelles façons de penser l'immeuble, au premier rang desquelles l'hygiéniste exigence d'y faire pénétrer la lumière.
Immeuble rue du Laos
21-25 rue du Laos - 1930
Charles Thomas, arch.
Charles Thomas (1897-1967) adopte ici un plan en forme de U symétrique sur rue, avec une cour et un corps central encadrés de deux ailes superposant des terrasses en partie couvertes. C'est là une illustration intéressante de la construction en gradins théorisée par Louis Bonnier au début du siècle et mise en œuvre en particulier par un architecte comme Henri Sauvage : système qui autorise une densification des programmes tout en limitant l'effet de masse et en assurant l'éclairage optimal d'un maximum de pièces, en réponse aux principes hygiénistes de la modernité. Les larges portes-fenêtres ouvrant à la française et qui peuvent être occultées par des volets roulants en lamelles de bois, contribuent à l'aspect très structuré de l'ensemble, qui dégage une impression d'élégance classique, mélange de luxe et de sobriété.
Immeuble rue Alasseur
5-7, rue Alasseur - 1930
Joannès Chollet, Jean-Baptiste Mathon, arch.
L'immeuble de Joannès Chollet (1891-1955) et Jean-Baptiste Mathon (1893-1971) a en commun avec celui de la rue du Laos, sa forme en U et ses larges fenêtres laissant pénétrer la lumière. Mais il s'en distingue par l'horizontalité des allèges filantes de béton peint, alternant avec la brique dans la partie centrale, et par les détails encore Art déco des ailes (rainurage des colonnes verticales, décor en épi des garde-corps). Le traitement soigné du socle en brique sombre, influencé par l'école hollandaise, avec ses douze vasistas de caves sur rue et ses six petites fenêtres carrées à l'entresol, signe la modernité de l’ensemble.
Une autre originalité de l'immeuble, qui complexifie le plan de certains appartements, est que
les huit étages de pièces communes sur la cour se combinent avec seulement cinq étages de pièces de réception sur rue, la hauteur de ces dernières évoquant des ateliers d'artistes et contribuant au standing de l'ensemble.