Paris15 histoire
Société historique et archéologique du 15ème arrondissement de Paris

Après 1920, la Troisième République reprend son programme d'édification de bâtiments scolaires. Matériaux phares de l'entre-deux-guerres, la brique et le béton autoriseront, par leur plasticité, les programmations les plus fonctionnelles en même temps que les esthétiques les plus raffinées.
Lycée Camille Sée
11, rue Léon Lhermitte - 1934
François Le Cœur, arch.
Créé en même temps que le square Saint-Lambert sur l'emplacement de l'ancienne usine à gaz de Vaugirard, ce lycée est la dernière œuvre de François Le Cœur (1872-1934), qui dut relever le défi d'accueillir ici plus de 1500 jeunes filles sur une surface de parcelle trois fois inférieure aux normes : il densifie sur sept niveaux, dont deux en sous-sol, rationalise les circulations et aménage des terrasses aux étages, ouvre de larges baies laissant entrer la lumière, tandis qu'un passage souterrain vers le square, aujourd'hui fermé, apporte une respiration fonctionnelle. L'ossature et les façades sont en béton armé boucharde, coloré par un broyage de marbre rosé. Une certaine austérité de l'ensemble est compensée par le luxe décoratif de la cour en mosaïque et de la rotonde vitrée de l'entrée abritant un escalier hélicoïdal. L'ensemble a été inscrit comme monument historique en 1995.
Groupe scolaire rue des Morillons
66, rue des Morillons - 1936
Pierre Sardou, arch.
Rappelant le style international nordique par l'usage sophistiqué de la brique, le groupe scolaire de Pierre Sardou (1873-1952) tire profit avec efficacité et élégance d'une vaste parcelle sur trois rues. L'horizontalité du traitement des deux façades est marquée par les vitres en bandeau que soutiennent des fortes allèges filantes en parement de briques rouges, lesquelles viennent contourner avec grâce les oriels verticaux et semi-cylindriques des cages d'escalier. Les angles sont traites avec un grand souci décoratif. Celui de la rue des Morillons et de la rue du Lieuvin donne à voir deux petits oriels d'angle et une nef, symbole de la Ville de Paris, en relief de briques. L'entrée principale, à l'angle Morillons-Cherbourg, symétrique et traitée en arrondi, est surmontée d'une frise colorée de type naïf évoquant tout ce qui peut éduquer et faire grandir un enfant.