Paris15 histoire
Société historique et archéologique du 15ème arrondissement de Paris

Inaugurés à seulement huit ans d'intervalle, l'institut d'optique et le Bureau central des chèques postaux, deux bâtiments publics de facture monumentale, offrent l'illustration du passage de l'élégance esthétique des années vingt, aux lignes intransigeantes de la modernité.
Institut d'optique
1-9, boulevard Pasteur - 1927
Georges Hennequin père et fils, arch.
Georges Hennequin père (1867-1940) et fils (1893-1969) portaient le même prénom et ont longtemps travaillé ensemble. Ils tirent, ici, le meilleur parti d'une parcelle en biseau et d'un programme cumulant les contraintes d'un laboratoire, d'une école supérieure et d'une école professionnelle. Si le bâtiment est très peu profond, pour mieux se glisser dans la diagonale de la parcelle, la façade est néanmoins traitée de façon monumentale, grâce à l'évasement des deux ailes encadrant le pavillon central que domine une coupole d'observatoire.
Le grand nombre d'ouvertures assure la luminosité intérieure, tandis que la porte d'entrée en ferronnerie surmontée d'une marquise décline son vocabulaire Art déco. Après le déménagement de l'institut d'optique en 1967, le bâtiment abritera des services de |’Éducation nationale puis plusieurs sièges sociaux.
Bureau central des chèques postaux
14, rue des Favorites - 1935
Michel Roux-Spitz, arch.
Peu enclin à la radicalité d'un Le Corbusier, Michel Roux-Spitz (1888-1957) est l'un des principaux représentants de la "modernité classique", comme ses ainés Tony Garnier et Auguste Perret. Pour autant, en utilisant le béton armé sans placages ni enduits, le bâtiment des Chèques postaux se démarque des œuvres "blanches" du Roux-Spitz des années vingt et de leurs séduisants bow-windows. L’immeuble est ici pensé de façon fonctionnelle pour assurer les liaisons rapides et entre les services. Les longues façades, dont les piliers verticaux et les vastes baies horizontales affirment l'ossature, sont dénuées de toute fantaisie, comme renvoyant au caractère public de l'édifice. La monumentalité des façades est un peu atténuée par des retraits successifs en hauteur et, sur la rue des Favorites, par la présence d'un auvent minimaliste en arrondi.