Paris15 histoire
Société historique et archéologique du 15ème arrondissement de Paris

Les ateliers d'artistes s'imposent dans la construction de l'entre-deux-guerres, soit regroupés en immeubles comme au 8 rue Blomet, soit conçus spécifiquement pour un artiste comme villa d'habitation mixte. Parfois l'artiste, maître d'ouvrage, et l'architecte, maitre d'œuvre, s'alimentent mutuellement de leur notoriété.
Maison - atelier rue Charles Weiss
8, rue Charles Weiss - 1929
Marcel Zielinski, arch.
Si la notoriété de Marcel Zielinski (1885-1947) n'atteint pas aujourd'hui celles de Robert Mallet-Stevens ou d'André Lurçat, auxquels il est parfois comparé, c'est sans doute parce que cet architecte s'est spécialisé dans la conception de villas-ateliers pour artistes (particulièrement aux abords du parc Montsouris), et qu'il manque à son œuvre quelque grand bâtiment public ou immeuble d'habitation. La maison-atelier de la rue Charles Weiss, construite sur commande d'un artiste peintre, Louis Ferdinand Renaud, est particulièrement équilibrée dans sa composition. Les grands aplats de blanc, le toit-terrasse, le dialogue formel des différentes ouvertures, dont la verrière en porte-à-faux de l'atelier à l'étage (orientée au Nord comme il est de rigueur), et un petit vitrail géométrique vertical, synthétisent avec talent le vocabulaire de l'entre-deux-guerres.
Atelier - appartement Barillet
15, square Vergennes - 1932
Robert Mallet-Stevens, arch.
Robert Mallet-Stevens (1886-1945) avait souvent eu l'occasion de collaborer avec son ami Louis Barillet, maître de l'art du vitrail Art déco dans l'entre-deux-guerres. Le bâtiment du square Vergennes fut conçu pour être à la fois l'atelier de Barillet où toutes les phases de fabrication des vitraux trouvaient place derrière l'immense verrière exposée au nord sur trois niveaux, ses bureaux distribués dans l'aile courbe en saillie et, au 4ème étage, son appartement précédé d'une grande terrasse. La structure en béton armée est recouverte d'une mignonnette de gravier beige que mettent en valeur les menuiseries noires. Un vitrail vertical éclaire l'escalier sur toute la hauteur de l'immeuble. L'e-semble, inscrit au titre des Monuments historiques en 1993, a fait l'objet dans les années 2000 d'une réhabilitation qui l'a rapproché de sa forme d'origine.