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Si le "style paquebot", emblématique des années trente, trouve peu d'illustrations dans le 15ème si ce n'est quelques citations tardives (43, rue Mademoiselle ou 8, place Adolphe Chérioux), nombre d'immeubles s'inspirent de son vocabulaire : angles effilés en proue, longs balcons-coursives, garde-corps tubulaires, etc.

 

Ensemble Cévennes - Saint-Charles

73, rue des Cévennes - 1935

Charles-Louis et Henry-Charles Delacroix, arch.

 

Cet imposant immeuble de 96 logements sur huit niveaux, dont les deux supérieurs en retrait, a été conçu par Charles-Louis (1877-1956) et Henry-Charles (1909-1974) Delacroix, père et fils. La franche bichromie entre le rouge soutenu de la brique et le blanc du bandeau des balcons filants, est encore soulignée par le noir des huisseries. La cohérence d'ensemble passe par une horizontalité puissante, affirmée par les immenses balcons-coursives de ciment blanc qu'affleurent les vitrages en forme de bow-windows, et par les jeux de rayures en retraits/saillies des briques. L'élément le plus emblématique est sans doute la façade courbe épousant les limites de la parcelle sur le rondpoint Saint-Charles, dont elle préserve une certaine unité. L'angle des rues Lacordaire et des Cévennes est, quant à lui, traité en pan coupé et sans balcons, comme une proue.

 

Logements - ateliers boulevard Victor

3, boulevard Victor - 1934

Pierre Patout, arch.

 

Sur une parcelle étroite coincée entre la Petite ceinture et le boulevard Victor, Pierre Patout (1879-1965) a relevé le défi d'insérer 70 logements, avec ateliers d'artistes et commerces. Architecte aménageur de grands transatlantiques d'avant-guerre, Patout crée ici un immeuble-concept en béton armé qui va au-delà du "style" paquebot : il "est" un paquebot- sculpture, dont les passerelles, coursives et bastingages sont lisibles à l'intérieur comme à l'extérieur, les cheminées étant figurées par les duplex alignés au sommet. L'architecte a installé son appartement et son agence dans le triplex aménagé à la proue et en a confié la décoration à l'ébéniste Émile-Jacques Ruhlmann et au ferronnier Raymond Subes. La porte ouvragée sur lue est surmontée d'un bas-relief d'Alfred Janniot, "l'architecture, clé de voûte des arts". L'ensemble a été inscrit comme monument historique en 1986.

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