Une mystérieuse affaire sous la Terreur :
Vaugirard, base arrière de la CONSPIRATION DE L’ŒILLET ?
Œillets, d’après P.-J. Redouté,
aquarelliste botanique (1759-1840)
Incarcérée à la Conciergerie en vue de son procès par le Tribunal
révolutionnaire, la reine Marie-Antoinette y restera deux mois et demi,
jusqu’à son exécution, le 16 octobre 1793. La conspiration de l’œillet
fut vraisemblablement la dernière tentative pour la faire évader et une
ultime lueur d’espoir de délivrance. L’instigateur du complot, qui
présenta à la reine un œillet dissimulant un message secret,
était le chevalier de Rougeville, qui servit de modèle à Alexandre
Dumas pour son Chevalier de Maison-Rouge. Les circonstances exactes de
son échec demeurent un mystère. Mais que savons-nous du personnage réel
et de sa vie mouvementée ? Le procès de Marie-Antoinette et les
interrogatoires des prévenus nous aident à mieux connaître les acteurs
de la conspiration. Parmi eux se trouvait une très jeune femme, Sophie
Dutilleul, qui habitait le village de Vaugirard et acceueillit le
chevalier à l’époque du complot. Sa maison de campagne était située
presqu’en face de l’ancienne église et possédait un jardin. Les
quelques indices que nous possédons nous permettent-ils de la localiser
? Cette question n’est pas sans intérêt si l’on songe que «
l’œillet tragique, qui faillit sauver de la dernière infortune la plus
infortunée des créatures (…) s’épanouit probablement dans le terroir de
Vaugirard » (Lucien Lambeau).
Rougeville, portrait
anonyme
(in Lenotre G. Le vrai
chevalier de Maison-Rouge,
éd. Fayard, 1951)
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Marie-Antoinette
(Alexandre Kucharski, portrait
inachevé,
commencé en 1791)
Musée de Versailles |