MÉMOIRE
ÉTABLI EN 1734 PAR LE CURÉ DELANGLE POUR SERVIR DE DÉFENSE À CERTAINS
HABITANTS DE VAUGIRARD
(Bulletin
n°9)
Ce mémoire
est relatif à un procès en cours au Châtelet (tribunal de première
instance de Paris sous l'ancien Régime) en 1734, entre la paroisse
urbaine de Saint-Étienne-du-Mont et celle de Vaugirard au sujet des
limites respectives de leur territoire paroissial.
Saint-Étienne-du-Mont, représenté par ses administrateurs laïcs, les
marguilliers, cherchait à s'annexer des habitants de la seigneurie de
Grenelle, qui appartenait à l'abbaye de Sainte-Geneviève, de l'ordre
des chanoines réguliers de Saint-Augustin dits « Génovéfains ». Or
l'abbaye était « curé primitif » de Saint-Étienne-du-Mont, c'est-à-dire
qu'au Moyen-Âge elle avait exercé elle-même les fonctions de curé ; au
XVIIIe siècle, celles-ci étaient exercées par un Génovéfin présenté à
l'archevêque de Paris par l'abbé de Sainte-Geneviève, et qui portait le
titre de prieur-curé de Saint-Étienne-du-Mont. Les marguilliers de
Saint-Étienne-du-Mont estimaient que les limites féodales devaient
correspondre aux limites paroissiales. Selon le droit canon de
l'époque, repris par la législation royale, les fidèles étaient
strictement tenus d'être baptisés, mariés, inhumés dans la paroisse de
leur domicile. Comme les curés et les fabriques percevaient des droits
(le casuel) à l'occasion des baptêmes, mariages et sépultures, les
préoccupations financières n'étaient jamais absentes de leurs
revendications territoriales.