ALPHONE HUMBERT (1844 - 1922),
du bagne (1871 - 1879) à la présidence du Conseil municipal de Paris (1893 - 1894) : un député du XV
ème au parcours atypique

Anne-Marie BEL/Bulletin n° 38




Après une jeunesse mouvementée, très engagée dans les rangs républicains, c’est comme journaliste du « Père Duchêne » qu’il est condamné, en novembre 1871, aux travaux forcés à perpétuité en Nouvelle Calédonie.
À son retour, après l’amnistie partielle de 1879, le virus de la politique ne l’a pas quitté. Il sera élu conseiller municipal (radical-socialiste) de Grenelle en février 1886, puis député de la première circonscription du XVème et ce jusqu’en 1902. Au Conseil municipal de Paris, sa forte personnalité est appréciée, il en devient le Président en avril 1893 et a l’honneur d’accueillir, en septembre de la même année, l’escadre russe. Il organise toutes les festivités et préside, avec Sadi Carnot, le dîner officiel à l’Hôtel de Ville… lui, le bagnard d’il y a quinze ans. Politiquement, dans le XVème, il a soutenu avec force les établissements Cail losqu’ils étaient en danger. Pour la ville de Paris il voulait une législation nouvelle, qui n’est arrivée … qu’en 1977 !!! Curieusement, il s’est fermement et bruyamment opposé à la révision du procès Dreyfus. Cela lui fera perdre les élections législatives de 1902. Il consacre sa « retraite »à la protection sociale des journalistes. Il meurt en 1922, après une vie d’engagement total au service des causes qu’il jugeait bon de défendre.


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