Né en 1856
à Valentine, village de Haute-Garonne, Jean-Louis Favaron était promis
à prendre la suite de son père, artisan charpentier près de
Saint-Gaudens. Mais l'ambition, la volonté, et l'intelligence du jeune
homme l'entraînèrent d'abord à faire son Tour de France, à l'issue
duquel, ayant brillamment franchi les diverses étapes conclues par un
"chef-d''uvre", il fut intronisé Compagnon charpentier du Devoir, sous
le nom de FAVARON-Saint Gaudens, dit "la Clef des c'urs".
Imprégné d'un esprit coopératif et d'un fort sentiment de la solidarité
ouvrière, il tourne le dos au petit atelier paternel et se fait
embaucher par une entreprise de La Villette, près de Paris. En même
temps qu'il enrichit son expérience professionnelle, il se forme à
l'animation et la gestion d'une équipe. Quelques années plus tard, il
part, entraînant 25 compagnons avec qui il va fonder en 1893,la société
coopérative dénommée "Les "Charpentiers de Paris", installée rue
Labrouste, à Paris-Vaugirard.
Aux travaux pour les particuliers, la confiance des architectes permet
à la coopérative d'ajouter des commandes des services publics. Elle
participe bientôt à tous les grands travaux qui marquent autant
d'événements: l'Exposition universelle de 1900, la construction de
plusieurs lycées parisiens (Janson de Sailly, Louis le Grand), le
Muséum d'histoire naturelle, les Grands moulins de Paris' Durant la
Grande Guerre, Favaron et ses compagnons contribuent à la défense
nationale par l'installation de protections des monuments, l'invention
et la fabrication de baraquements faciles à monter mais aussi à
déplacer, qui servent d'entrepôts, de bureaux ou d'hôpitaux de campagne.
Les travaux d'après-guerre ( reconstruction, réfection de monuments )
sont suivis de constructions d'ouvrages d'art qui sont autant
d'occasion d'éloges à l'égard de l'animateur de la coopérative,
Jean-Louis Favaron, que ses ouvriers-sociétaires élisent à leur tête à
chaque assemblée générale, et que la République honore en lui décernant
le grade de Commandeur dans l'ordre de la Légion d'Honneur.
Quand il mourra à 75 ans, le 9 juin 1931, des représentants de l'Etat,
les "Mères" et les dignitaires des Compagnons du Devoir, les
responsables coopératives, et les membres de la profession
participeront au deuil des Compagnons de la rue Labrouste.
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Les Charpentiers de
Paris, chantiers de la rue Labrouste
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Jean-Louis Favaron au
faîte de sa gloire
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