Personnage
d'une grande ambiguité, écrivain original, pamphlétaire, polémique,
mais au talent exceptionnel unanimement reconnu, Léon Bloy, qui s'était
voué à la pauvreté, a mené une une vie bohème avec de nombreux
changements de domiciles. Pendant six ans il s'est pourtant fixé à
Vaugirard où il a occupé trois domiciles successifs : 127 rue Blomet,
89 rue Dombasle et 155 rue Blomet dans la paroisse Saint-Lambert
où il s'est marié (1890). C'est durant cette période qu'il a finalisé
ou écrit plusieurs de ses œuvres maîtresses :
La Femme pauvre,
Le Désespéré,
Le Salut par les juifs et qu'il a commencé son
Journal considéré aujourd'hui comme un texte majeur de toute la littérature autobiographique.
Écrivain
intransigeant, impertinent, solitaire, intraitable et sans mesure, il
s'est aliéné la plupart des gens de plume ses contemporains mais sa
sincérité reste indiscutable. Il avait la quarantaine lorsqu'il
est arrivé à Vaugirard, un séjour qui a marqué un tournant dans sa vie
et qu'on tente situer ici dans l'ensemble de sa carrière.